A la demande de certaine personnes^^
Je publie ma rédac' de français à vous de me dire si ça vous plaît (perso je trouve le stye un peu trop banal...)
Il était onze heures et dans la nuit de Paris, j'étais seul à table...ah, pardon je ne me suis pas présenté, je me nomme Rodolphe et je suis tueur à gage, c'est à dire que j'exécute les gens au compte de mes clients sous réserve de financements.
J'étais donc assis, je venais de recevoir mon salaire ; il faut avouer que j'avais plutôt bien réussi mon affaire, le pauvre homme n'avait rien vu venir, un léger coup de poignard à l'emplacement pile du c½ur et s'en était fini de lui, il gisait dans une mare de sang. Je buvais. En effet, je n'avais rien d'autre à faire de cet argent : je n'avais pas de logis et donc pas de loyer à payer car c'était devenu trop cher pour mes modestes moyens de résider dans la capitale.
À cause de l'alcool, je ne distinguais plus vraiment les personnes qui allaient et venaient dans le bar mais je ne pus m'empêcher de remarquer l'homme qui venait d'arriver : il était fébrile et lançait des regards furtifs dans la pièce, visiblement à la recherche de quelqu'un. Son regard s'arrêtait régulièrement sur moi puis, n'y tenant plus apparemment, vint à ma rencontre et me demanda si je ne connaissais un certain Rodolphe exerçant une profession noire je lui répondis sans ambages que mon nom était Rodolphe et que j'étais tueur à gage. À ces mots, il étouffa à grand-peine une expression d'intense soulagement et s'exclama :
« - Alors vous êtes mon homme ! »
Je faisais mine de lui annoncer mes prix mais il m'arrêta en me déclarant que là n'était pas la question. Il m'exposa ensuite son plan – qui cela dit en passant était complètement diabolique – et me donna rendez-vous pour la semaine suivante à son atelier car cet homme était le célèbre peintre Gustave Courbet, sur ce, il me donna un gage pour ma semaine et disparut.
Je passais la semaine à me divertir et à acheter le matériel nécessaire à l'élaboration du plan, je visitais son atelier pour faire des repérages et ainsi préparer la scène dont j'allais être le metteur en scène, j'achetais des tentures pour dissimuler l'entrée de mon antre de justice : j'allais être le juge d'une cinquantaine de personnes. Il fallait donc acheter des tables ainsi que des chaises pour ne pas laisser debout la noblesse qui allait être présente. Je fis également l'acquisition d'un coffret entier de grimage pour dissimuler mon physique et faire naître ainsi un personnage tout droit sorti des enfers et leur inculquer la peur de leurs pêchés. Je tiens à préciser que notre peintre était légèrement indisposé de l'esprit. La semaine passa et le grand jour arriva enfin.
J'arrivais à l'atelier, ponctuel selon mes habitudes, deux heures avant l'arrivée de ses « invités », comme ce peintre me l'avait spécifié. Je suis affabulé d'un costume de paysan pauvre, il souhaitait en effet que j'apparaisse sur son projet fou mais sans que l'on puisse m'apparenter au crime qui allait être commis. Je préparais mon champ de travail : la petite porte par laquelle je ferais entrer les accusés, les chaînes diverses pour inciter les jugés à ne pas s'évader, tout mon arsenal de poison...
Voici comment allait se passer la scène : Monsieur Courbet avait été dans sa vie grugé maintes et maintes fois par un ramassis d'escrocs sans scrupule issus des plus divers milieux il avait retenu leurs noms et les avaient invités ce jour à être modèles du dernier et plus grand tableau de toute sa création, ils avaient donc tous rendez-vous ici, dans son atelier, autant les paysans qui représentaient son milieu d'origine et qui avaient toujours mis des bâtons dans les roues de son rêve : devenir un peintre, ce qu'il avait réussi. Mais aussi les nobles et les bourgeois qui lui demandait ses services et qui ne payaient pas, peu ou alors très en retard, ce qui l'empêchait de commander de la peinture et donc de prendre d'autres commandes. Ainsi que ses mécènes qui s'étaient délaissés de lui, en fait, il avait réuni là toutes les personnes contre lesquelles il avait ou avait eu des griefs.
Au seuil de la vieillesse, n'ayant plus tous ces esprits, il avait décidé de les tuer tous ; ce qui je vous l'avoue, n'était pas pour me déplaire car cela me permettrait enfin de trouver un logement avec le riche salaire qui se profilait...
Mon rôle était celui de l'exécution et aussi celui de leur rappeler leurs fautes passées. Pour ce faire j'avais d'abord décidé leur exposer les griefs retenus contre eux puis les condamner à la mort, après ces accusations, l'accusé pouvait se reposer un instant en se restaurant au buffet préparé à leur intention mais, à peine la nourriture avait-elle effleuré leurs lèvres ingrates qu'ils tombaient au sol, morts. Pour ceux qui ne daignaient pas goûter à la nourriture proposée, je les amenaient dans la salle suivante dont la porte était dissimulée par une des tentures que j'avaient achetées auparavant je les amenaient donc dans ma salle préférée, celle de la mort : je les asseyaient sur une chaise d'apparence banale, les bâillonnaient puis à l'aide d'une vis intégrée dans le dossier de la chaise, je leur brisait le cou et par la même occasion leur ôtaient la vie.
Mais d'abord il fallait les amener à la salle de jugement, pour cela, j'abordais la personne concernée discrètement et lui disait ceci :
« - Le Maître a une surprise pour vous qu'il m'a personnellement demandé de vous offrir. Veuillez me suivre je vous prie... »
Elle me suivait alors et, les murs des deux salles suivantes étant capitonnés, elle était à ma merci. Le bruit était d'autant plus couvert qu'il y avait de surcroît le bruit des rumeurs de la salle.
Le plan avait parfaitement marché jusqu'à présent mais je ne m'étais pas aperçu qu'un des invités avait discrètement quitté la salle et était allé demander de l'aide à un gendarme non loin de là car il avait remarqué que toutes les personnes que j'amenaient avec moi ne revenaient plus. Le gendarme me demanda de le conduire dans la salle que lui avait montrée le témoin, il vit alors les cadavres et m'arrêta, la rumeur se répandit aussitôt dans la foule de l'atelier comme une traînée de poudre et les invités s'enfuirent tous en criant. Gustave, voyant ce désastre attrapa un couteau qu'il gardait toujours sur lui, car il était paranoïaque et craignait constamment une attaque, et se le planta droit dans le c½ur. S'en était fini de nous deux : il mourut de sa main et pour ma part, je fus jugé...À l'heure où je vous narre ce récit je suis emprisonné dans une des cellules les mieux gardées de toute la France.
Louise De la Durbellière